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 Du palélothique au XIIIème siècle

Les premiers vestiges de l’Homme au Laos remontent au paléolithique sous la forme de galets bruts pointus ou tranchants.
Au nord de la chaîne annamite, dans le massif de Phou Loi (Tham Pong) auraient vécu des Proto-Australiens.
Ce faisant, le peuple laotien serait le plus ancien peuple d’Asie du Sud-Est.

Du IIème au Vème siècle, le sud Laos tombe sous le contrôle des Chams.
Dès lors, tandis que l’Indochine ouvrait ses routes maritimes vers l’Inde, le Moyen-Laos est probablement colonisé par des peuples indianisés et bouddhistes.
Cette civilisation, que l’on nomme souvent Mon, se cristallisa en basse-Birmanie et dans l’actuelle plaine centrale de la Thaïlande où elle s’épanouira jusqu’au XIIIème siècle.

Entre le VIème et XIIIème siècle, le sud du Laos (royaume de Champassak) fut dominé par les Khmers dont l’influence s’étendait à l’actuelle Thaïlande et au Cambodge.
C’est aussi à cette période que des ethnies et petits groupes gênés par les pressions politiques et économiques des chinois, khmers et vietnamiens, notamment, émigrèrent sur les terres laotiennes pour s’installe, le plus souvent, le long des cours d’eau.
Ils assimilèrent les cultures locales et créèrent de nombreuses principautés qui débouchèrent, entre autre, à une hégémonie Thaïs Siam puis Thaïs Lao fondatrice, au nord du Laos, de deux royaumes avec comme capitale respective Luang Prabang et Xiang Khouang (actuelle plaine des Jarres).

Enfin, des années 1270 jusqu’au milieu du XIVème siècle, la plupart des grandes principautés du Laos dépendaient du royaume de Sukhothai (Siam), né de la prise de cette ville par les Thaïs qui en chassèrent les khmers.
La région sera déchirée par des conflits inter siamois et Sukhothai finira par se désagréger (1350) au profit du nouveau royaume d’Ayutthaya (Siam) qui installera son autorité durablement (jusqu’au milieu du XVIIIème) sur toute la région.


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 Le XIVème siècle et la naissance du Laos

C’est au milieu du XIIIème siècle, que naît le futur prince Chao Fa Ngum (1316 - 1373).

Pour la première fois, grâce à l’appui des Khmers dont le roi était devenu le père adoptif de Fa Ngum, le jeune prince conquit les trois provinces de Muang Seua (actuellement Luang Prabang), de Wieng Chan (Vientiane) et du plateau de Khorat, réunissant ainsi les trois royaumes en un seul, qui portera le nom de : royaume de Lan Xang (Laos), ou royaume"du million d’éléphants et du parasol blanc" dont la capitale devint tout naturellement Luang Prabang, ville natale de Fa Ngum.

Durant tout le règne de Fa Ngum, le pays s’agrandira, sous la pression de celui  qu’on surnomma "le conquérant".
Finalement destitué par ses ministres qui voulaient mettre fin à sa folie des grandeurs, il fut remplacé par son fils Oun Heuane, qui mena le pays vers son apogée.

Jusqu’en 1421, Le royaume lao connut la richesse, les arts se développèrent, le bouddhisme remplaça progressivement l’animisme (dont il a néanmoins gardé des traces) grâce à l’envoi Khmer d’instructeurs, d’artistes, et de bonzes.
La sécurité régnait dans tout le royaume gouverné sagement et efficacement par celui qui se faisait appelé Sam Sen Thaï , le roi des 300 000 thaïs.

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 Le XVIème siècle, ou la seconde apogée

A la mort de Sam Sen Thaï, on se disputa le trône, et il fallut attendre une centaine d’année (jusqu’en 1520) pour que cesse l’instabilité provoquée par la valse des rois avec le sacrement de Phothisarat.

La situation jusqu’alors était critique et les intrigues nombreuses.
Le royaume était menacé de toute part, à commencer par la capitale d’alors, Luang Prabang, située non loin des terribles birmans.
Le roi avait deux alternatives : jouer la carte du nord, en s’unissant avec les principautés thaïs, ou celle du sud , en se regroupant avec Vientiane et en faisant alliance avec les cambodgiens.
La seconde solution fut retenue. Photisarat, n’eut de cesse à partir de ce moment d’équiper et renforcer son armée, de restaurer dans le royaume la sécurité, et de faire du Bouddhisme, la seule religion officielle.

A la fin de son règne, il plaça sur le royaume devenu Lanna, son fils qui deviendra trois ans plus tard son successeur.

En 1560, la pression des birmans était telle que la capitale, trop exposée à un raid, fut transférée dans ses fonctions administratives et gouvernementales à Vientiane, qui fut malgré tout prise en 1565 par les birmans rapidement chassés et sévèrement battus en 1569.
Deux ans après, à la faveur de la mort subite du jeune roi Setthatirath, le royaume devint finalement vassal des birmans durant 20 ans.

Après une période d’anarchie où cinq rois se succédèrent, Surya Vongsa accède au trône en 1637 et réussit à rétablir la paix. Le bouddhisme est à son apogée ; les arts sont activement développés et Luang Prabang devient la plaque tournante du commerce dans toute la région.

Durant ce règne qui fut le plus long de l’histoire Lao puisqu’il dura 57 ans, jusqu’à la mort du monarque en 1694, le Laos connu son âge d’or, sa seconde apogée, avant d’éclater au profit des royaumes alentours beaucoup plus forts.

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 La chute de Lan Xang et le lent déclin

Le royaume de Lan Xang (Laos) finit par éclater dès le début du XVIIIème siècle en, à nouveau, trois royaumes :

  - celui de Luang Prabang au nord (vassal de la Chine et du Siam)
  - celui de Vientiane au centre (vassal de l’Annan)
  - et celui de Champassak au sud (vassal du Cambodge et du Siam).

En 1764, certains laos du nord firent appel aux birmans afin de lutter contre la domination des laos de Luang Prabang.

L’ancienne capitale du royaume au million d’éléphants fut réduite en cendres, tandis que les royaume de Vientiane et de Champassak, affaiblis, échouaient aux mains des siamois, qui ramenèrent de leur conquête les deux palladium du Laos : le Phra Bang et le Phra Kéo.

Seul le premier revint finalement à Luang Prabang (après plusieurs années d’exil sur le sol siamois)...alors que le second est définitivement devenu l’emblème protecteur de la Thaïlande et est plus connu sous le nom de : Bouddha d’émeraude.

Après une tentative manquée du roi Chao Anou (1805-1830) pour reconquérir la souveraineté du Laos, le pays sombra jusqu’au point où il faillit disparaître.

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 Le protectorat français

Les temps sont durs pour le Laos au XVIIIème siècle, et il s’en faut de peu pour qu’il ne disparaisse sous la pression des grandes nations dominantes alentours : chinoise, vietnamienne, siamoise et birmane.

C’est à cette époque qu’un certain nombre de français découvrent la région de l’Indochine, et rapportent de celle-ci des trésors qui subjugueront les européens, notamment aux expositions universelles de Paris en 1878, 1889 et en 1900.

La France possédait déjà deux Protectorats dans la péninsule indochinoise : au Cambodge (1863) et au Viêt-Nam (1885).

En 1893, elle signe un traité avec la principauté de Luang Prabang dont le souverain désirait chasser les détachements militaires siamois venus supprimer « les pavillons noirs chinois ».
Un traité définitif fut signé en 1904 avec le Siam reconnaissant au Laos ses frontières actuelles.
Dans les tractations de l’époque, le Laos fut malheureusement amputé du plateau du Korat, la plus riche des régions laotiennes, qui reste encore aujourd’hui attaché à la Thaïlande. Beaucoup de laotiens en garde une profonde amertume.

Bien que la France ait engagé au Laos des grands travaux visant à restaurer le royaume (reconstruction de Vientiane, aménagement d’écoles et de l’université de cette même ville, développement du réseau routier), force est de constater que le Laos n’était, pour la France, pas une nation aussi intéressante (entendons sur le plan exploitable économiquement) que ses proches voisins que sont le Cambodge et le Viêt-Nam.

La présence du commissariat français, placé à Luang Prabang dans l’actuel Phousi Hôtel, ne fut jamais que l’occasion de prendre ce territoire potentiellement accessible aux anglais, très présents dans la région.

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 La seconde guerre mondiale

Toutes les colonies indochinoises se retrouvèrent durant cette période sous le joug des japonais.

Au Laos, fort peu d’entre eux résidaient sur le territoire lui-même.
Les japonais cherchaient, en particulier et ouvertement, à libérer les peuples de la mainmise occidentale.
Même battus en 1945, ils ne se retirèrent qu’après avoir tué ou déporté une partie des expatriés français, tout en proclamant l’indépendance du pays, espérant ainsi jeter définitivement les occidentaux en dehors du Laos.

Cette idée d’indépendance donna très vite naissance à un mouvement nationaliste, le Lao Issara.

Et pourtant, en 1946 les troupes françaises revinrent au Laos afin de rétablir le protectorat.
A partir de ce moment coexistèrent trois influences :

  - celle du prince de Luang Prabang, Phetsarath nommé " le prince bleu " qui représentait la tendance neutraliste.
  - celle du prince Souphanouvong nommé "le prince rouge" et allié au Viet Minh, qui fonda le Pathet Lao (le pays Lao).
  - celle du prince Boum Oum nommé "le prince blanc", ancien capitaine de la Légion Etrangère et formé en France, qui dut renoncer au trône.

En 1949, la France passa un traité avec la famille royale lao, accordant au pays son autonomie interne et la réunification sous l’égide du roi de Luang Prabang, Sisavang Vong.

Malheureusement, les enjeux financiers de cette unification sont grands (notamment par le trafic d’opium et des armes) et les acteurs nombreux.
Aux trois tendances laotiennes citées plus haut, il faut adjoindre :

  - les français, penchant pour les neutralistes.
  - les américains, cherchant à mettre fin au protectorat.
  - les communistes Viêt-Minh.

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 L'indépendance

En 1954, la victoire vietnamienne de Dien Bien Phu marque la fin du protectorat français au Laos, et l’avènement de la première conférence de Genève place la naissance en 1957 du premier Gouvernement de coalition pour l’Unité nationale dirigé par le prince Souvanna Phouma.

Théoriquement, les français, et plus globalement les occidentaux, ne contrôlent plus le pays.
En réalité, une guerre de l’ombre commence, impliquant les français, américains, vietnamiens, et même les chinois et les russes...

En 1958, après des élections partielles donnant la victoire aux forces de gauche, les dirigeants de droite fomentèrent un coup d’état et demandèrent l’aide américaine pour éliminer la menace du Pathlet Lao, supporté de plus en plus activement par les nord-vietnamiens.

En 1959, Souphanouvong, chef du Pathlet Lao est incarcéré avec une quinzaine d’autres responsables pro-communistes qui s’évaderont quelques mois plus tard.

Durant ce temps, les américains apportent de l’aide au nouveau gouvernement, et arment les Hmongs pour lutter contre les communistes.
Forts de leur armement, les forces pro-américaines investissent Vientiane ce qui a pour conséquence de pousser les neutralistes à rallier la cause communiste, seule alternative crédible en face des Hmongs.

En 1962, une seconde conférence de Genève amena la formation d’un second Gouvernement de Coalition nationale.
Le Laos se vit de plus en plus impliqué dans le conflit vietnamien.
Ce qui donna lieu à une guerre secrète que menèrent les USA dans le nord du pays, ayant pour conséquence d’intenses bombardements notamment aux abords de la piste Ho-Chi-Minh.

Les 10 années suivantes virent la disparition du clan neutraliste, et le développement de l’idéologie communiste dans tout le pays.

En 1973, un traité de cessez-le-feu pour le Laos fut signé entre les Nord-vietnamiens et les américains.
Un gouvernement provisoire d’Unité Nationale est proclamé en avril 1974, réunissant toutes les forces politiques sous la présidence de Souvanna Phouma, mais à la fin 1975, la droite périclite définitivement, laissant dès lors le champ libre à la formation pro-vietnamienne.

Le 1er et 2 décembre 1975, des représentants du congrès se réunissent, acceptent l’abdication du roi et proclamèrent le Laos République Démocratique et Populaire.

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 République démocratique populaire lao

Après pratiquement 30 ans de guerre, la nouvelle nation doit faire face à de très sérieuses difficultés.

L’aide occidentale est retirée et le kip (la monnaie locale) s’écroule.
Il y a pénurie alimentaire, mais pour autant, le pays jouit pour la première fois de son histoire contemporaine d’une période de stabilité de l’exécutif.

Cette stabilité ne peut occulter, à partir de 1975, l’ouverture des camps de "rééducation" notamment à Sam Neua, où seront incarcérés de nombreux étudiants et autres intellectuels.
Cette période de répression, dans la même mouvance que le Cambodge ou le Viêt-Nam, fut néanmoins largement moins sévère au Laos que chez ses pays voisins.

C’est à cette époque qu’entre 10 et 20% de la population auraient fui vers la Thaïlande en premier lieu, puis en grande partie vers les USA (2 tiers des réfugiés), la France (15%), le Canada et l’Australie.
Les conséquences de cet exode furent assurément catastrophiques pour le pays, le vidant ainsi de nombreux commerçants (surtout chinois), d’anciens fonctionnaires et des laotiens les plus formés.

Alors qu’on assiste entre 1978 et 1982 au gel des relations diplomatiques entre la France et le Laos, des liens étroits sont tissés entre le Laos, le Cambodge et le Viêt-Nam.

A bien des égards d’ailleurs, le Viêt-Nam, riche de ses 80 millions d’habitants, possédant de bonnes écoles et disposant d’un personnel très bien formé, aida son petit pays frère en y envoyant hommes et matériel, accueillant ainsi et formant les meilleurs élèves laotiens.
Jusqu’en 1988, les vietnamiens mirent à disposition du Laos 40 000 militaires pour soutenir le régime (soit autant que l’armée laotienne dans son intégralité).

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 L'ère des réformes

En 1986, un tournant est pris par l’adoption du "nouveau mécanisme économique" qui conduit le Laos vers l’ouverture à une économie de marché.

Et en 1989 éclot la première constitution communiste du Laos.
Le Laos entame une phase de négociation avec la Chine, renoue avec l’occident, et dans le cadre de la paix, libère les derniers prisonniers politiques stationnés dans les camps de rééducation.

Commencent alors les premières réformes économiques, et notamment les premières dénationalisations qui ont lieu dès cette époque pour relancer un système en faillite.

Finalement, dès le début des années 80, le Laos prend un peu de distance avec le communisme pur et dur, réintègre peu à peu la scène internationale.

En 1991 au sommet de la Francophonie de Chaillot, le Laos rejoint les pays ayant en partage la langue française et en 1997 le Laos est admis au sein de l’ASEAN (communauté économique asiatique).

Depuis quelques années, le Laos s’ouvre véritablement sur l’extérieur, aussi bien aux touristes, dont les devises sont très attendues, qu’aux investisseurs étrangers qui bénéficient dans bien des cas d’avantages pour s’implanter dans ce pays manquant cruellement de capitaux et de main d’œuvre qualifiée.

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