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 La préhistoire et les royaumes pré-Angkoriens

La préhistoire du Cambodge est mal connue.
À l'origine, le pays est d'abord occupé par des populations apparentées aux ancêtres des actuels Mélanésiens et aborigènes d'Australie, arrivées il y a sans doute à peu près 40 000 ans.

Il y a 5 000 ans (3 000 av. J.-C.), des populations des collines et des piémonts du sud de la Chine entament un mouvement de migration vers le sud.
Ces populations sont les ancêtres des peuples de langues austro-asiatiques que sont les Môns (s'établissent entre le delta de l’Irrawaddy et celui du Mékong) et leurs cousins les Khmers, qui viendront plus tard s'établir dans le pays.

A partir du ler ou du lle siècle de notre ère, et jusqu'au milieu du Vle, les Chinois attestent l'existence d'un royaume qu'ils appellent Funan, transcription d'un nom local que l'on ignore encore.

Quoi qu'il en soit, ce royaume paraît avoir exercé son autorité sur le sud du Cambodge actuel et le delta du Mékong, sans doute aussi sur une partie du bassin inférieur du Ménam (dans l'actuelle Thaïlande) et une partie de la Péninsule Malaise.

Le Funan est l'un des nombreux royaumes de l'Asie du Sud-Est où l'influence de l'lnde s'est faite sentir de façon prépondérante.
Ce sont probablement des marins et des commerçants indiens issus de hautes castes qui ont apporté aux populations locales une écriture dérivée du sanscrit et des éléments de la culture hindouiste (çivaïsme surtout, mais aussi vishnouïsme) qui vont marquer de leur empreinte ce royaume dominé par les Môns.

C'est de cette époque que datent les premiers travaux hydrauliques pour rendre cultivables le delta du Mékong.

A partir du milieu du Vle siècle, le Funan, toujours selon des sources chinoises, cède la prééminence à un ancien vassal, le Chenla, royaume peuplé de populations khmères.
Ce nom de Chenla sera conservé par les chinois dans leurs écrits pour désigner le Cambodge jusqu'au Xllle siècle.

Le berceau du Chenla paraît avoir été dans la région de Vat Phu ( actuel Champassak dans leLaos méridional) et le long de la Sé-Mun.
Dans la première moitié du Vlle siècle, le grand souverain Isanavarman, dont l'influence s'étendait sur les pays voisins du Cambodge, tant à l'ouest (région de Chantabun) qu'à l'est (sur le royaume indianisé du Champa), établit sa capitale à Sambor Prei Kuk.

Mais, dans toute cette période préangkorienne (et dans une certaine mesure, même dans la période angkhorienne), l'allégeance due à un suzerain devait, dans bien des cas, n'être que fictive.
En partie à cause de l'existence au Cambodge de plusieurs lignées royales parallèles et de la puissance grandissante des royaumes plus méridionaux et indonésiens (Péninsule Malaise, Sumatra et Java), le VIIIe siècle est une période de troubles pour les Khmers.

Il en résulte que le royaume du Chenla éclate principalement en deux royaumes rivaux, le nord et le sud, et que finalement, les Khmers doivent accepter la suzeraineté de Java


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 La période angkorienne

C'est à Jayavarman II, un prince khmer élevé à Java et fondateur de la royauté angkorienne vers 790, qu'il revint d'unifier les différentes principautés khmères et de se libérer des Javanais.


C’est ce qu’il fit en se faisant sacrer en 802 "souverain universel" sur un haut lieu symbolique appelé "la montagne du grand Indra".
Indra était, en cosmologie indienne, le roi des dieux, et en établissant sa consécration sur ce lieu, Jayavarman ll, en se libérant de l'allégeance due au suzerain Javanais et en s’autoproclamant empereur, devenait par-là même  Dieu-Roi sur terre.

Cette cérémonie eut lieu grâce au concours de brâhmanes shivaïtes et le roi et son royaume était désormais sous la protection d'une forme éminente de Shiva, résidant sur la montagne.

Il installe sa capitale au Nord du lac Tonlé.
La plupart des souverains angkoriens ultérieurs se réclameront de la symbolique et puissance protectrice établit par Jayavarman ll.

Si les fondements religieux de la monarchie angkorienne sont dus à Jayavarman II, c'est avec son deuxième successeur, Indravarman (877-889) qu'apparaissent les grandes fondations typiques de la centralisation angkorienne.

Celle-ci correspond à une exploitation intensive du sol en rizières irriguées, qui exige d'immenses travaux d'hydraulique agricole.
En sa capitale (Hariharalaya, groupe de Roluos à 15 km au sud-est du site de la future Angkor), Indravarman fit édifier les digues d'un vaste réservoir quadrangulaire (3,8 km d'est en ouest pour 800 m du nord au sud), dont les eaux alimentaient aussi les douves des sanctuaires, dont le Preah Kô, constitué de six tours de brique stuquée et consacré en 879.

Le fils et successeur d'lndravarman, Yaçovarman (889-910 au moins), complète et amplifie le programme de constructions religieuses de son père.

Il fit élever les digues d'un bassin rectangulaire quatre fois plus important que celui de son père (7 km d'est en ouest, près de 2 km du nord au sud) qui est le baray oriental d'Angkor.
Il déplace sa capitale, en marquant son centre par une colline naturelle, le phnom Bakheng, au sommet duquel il fit édifier un temple-montagne auquel on donne le même nom.

 

En 928, Jayavarman IV, oncle maternel des précédents, devint roi à son tour, mais conserva pour capitale sa propre cité Koh Ker, à 85 km au nord-est d'Angkor.

Après la mort du fils et successeur de Jayavarman IV, Rajendravarman (944-968) ramena la capitale sur le site d'Angkhhor.
Dans la partie orientale du site, il fit ériger deux temples-montagnes:

  - le Mébon oriental (953)

  - le temple de Prè Rup (961).

Rajendravarman commence également à lutter contre le Champa, royaume établit au sud du Viêtnam actuel, et sa mort ne fut peut-être pas naturelle.
Les dignitaires acquirent de plus en plus d'importance, et particulièrement les brahmanes, qui étaient les maîtres spirituels et les conseillers du roi.

Ainsi sous le règne du fils et successeur de Rajendravarman, Jayavarman V (968-1001), monta très jeune sur le trône.
Il est évident que le guru du roi, Yajnavaraha, possédait un grand pouvoir, puisque le sanctuaire fondé par lui, à une vingtaine de kilomètres au nord d'Angkor, n'est autre que le célèbre temple de Banteay Srei, où il est manifeste qu'œuvrèrent les meilleurs artistes et artisans du Cambodge.

Le Xle siècle commence par une guerre civile, deux rois s'affrontant pour le pouvoir.
C’est Sûryavarman ler (1002-1050) qui impose sa suprématie et fonde une nouvelle dynastie.
Il a laissé des temples importants aussi bien dans le nord (Preah Vihear) que dans le sud (Phnom Chisor), mais pas à Angkor même.

On retiendra surtout que c'est sous son règne que date la première expansion khmère dans le bassin du Ménam (centre de la Thaïlande).

C'est à son successeur Udayadityavarman II (1050-1066), que l’on doit le grand temple-montagne du Baphuon, immense temple-montagne au centre de sa capitale.

Cependant, diverses révoltes agitent le pays. , tant sur le plan intérieur qu’extérieur, notamment et toujours contre le Champa.

En 1080, Jayavarman VI instaure une nouvelle lignée de souverains, et on lui attribue le très beau temple de Phimai, en Thaïlande aujourd’hui.

La situation, sous son règne parfois qualifié d’illégitime, est confuse et, en 1113, le grand roi Sûryavarman II (1113-1145) est dit avoir arraché le pouvoir à deux protagonistes qui se battaient pour le pouvoir.
Il conduira loin les armées khmères, contre le Champa, contre le Dai Viêt et dans le bassin du Ménam.
Sa religion personnelle était le vishnouisme, sa plus grande œuvre demeure l'édification du célèbre temple-montagne d'Angkor Vat.
Sous son règne furent édifiés également quelques autres sanctuaires moins importants, en particulier Beng Mealea (sur le même plan qu'Angkor Vat mais sans pyramide) et, sur le site d'Angkhor, Banteay Samrè.

On ne sait pas exactement quand est né le dernier grand souverain du Cambodge angkorien, Jayavarman VII (1181-1218).
Dans sa jeunesse, il était allé lutter au Champa, cependant que le roi d'Angkor était éliminé par un usurpateur.
Le Champa devait en profiter pour envahir à son tour le Royaume Khmer.
Angkor fut occupée en 1177 par le roi cham qui fit périr l'usurpateur royal khmer.

Jayavarman VII apparait alors, et au bout de quatre ans de lutte, chasse les Chams de son territoire et se fait sacrer en 1181.
Il devait à son tour occuper le Champa, et son règne, entre 1181 et 1227 est considéré comme l'apogée de l'Empire khmer qui atteint alors sa plus grande expansion territoriale, englobant une grande partie de la Thaïlande et du Laos actuels.
L'empire khmer est connu à l'extérieur comme le Suvannarbhumi, c’est-à- dire : La Terre d'Or.

Toute cette œuvre guerrière et politique ne pouvait être valable que grâce à la protection religieuse de l'empire, assurée par la fondation de nouveaux sanctuaires.

Jayavarman VII fit de sa religion personnelle, le bouddhisme Mahayana (dit du Grand Véhicule), la religion d'Etat, et sous son règne, selon une iconographie très spécifique et dans un style nouveau très admiré (le fameux "sourire d'Angkor"), furent construits un très grand nombre de monuments, dont la plupart subsistent encore actuellement sur le site d'Angkor:

  - la ville murée d'Angkor Thom

  - au centre de cette dernière, le Bayon aux célèbres "tours à visages"

  - le temple de Banteay Kdei.

  - le temple Ta Prohm (1186).

  -le temple Preah Khan (1191) et les dépendances de ce dernier.

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 Le déclin

Après la mort de Jayavarman VII, le Royaume Khmer plonge dans un long déclin.

Jayavarman VIII restaure le culte de Shiva aux dépens du bouddhisme.

En 1285, il accepte de payer un tribut à Kubilai Khan, l’empereur mongol de Chine, héritier du terrible Genghis Khan, qui ébranle la Chine et ses voisins méridionaux.
Il ne peut non plus, en 1295, s'opposer à la constitution du royaume thaï de Sukhothaï qui rompt ainsi ses liens de vassalité à la monarchie khmère.

Les dynasties angkoriennes prennent fin et leur succèdent des souverains d'origine plus humble.
L'unité des Khmers, principalement religieuse, est de fait mal assurée. À l'exception de Jayavarman VII qui a favorisé le Bouddhisme Mahayana, la cour est restée hindouiste.

En 1336, un roi hindouiste et persécuteur du bouddhisme est assassiné par un homme issu du peuple qui prend sa place sur le trône.
Il s'agit alors d'une véritable révolution qui marque la fin définitive du culte du Dieu-Roi et la mise à l'écart de l'élite indianisée au profit d'une nouvelle élite bouddhiste.

Le bouddhisme Hinayana (dit du Petit Véhicule) avec son école Theravada devient le culte officiel et le pali remplace le sanskrit comme langue sacrée.

Le nouveau royaume thaï du Siam dont la capitale est Ayutthaya (aux dépens de Sukhothai qui s’est incliné devant la suprématie des siamois de cette province) profite de l'affaiblissement de son voisin pour lancer une attaque qui aboutit à la prise d'Angkor en 1351 et la déportation en esclavage d'une partie de la population.

Les Khmers peuvent reprendre la capitale en 1357 et repousser les Siamois, mais ces derniers ne tardent pas à reprendre la lutte.

La décadence de l'Empire khmer résulte donc à la fois des attaques extérieures et des conflits internes: rivalités inter dynastiques liées à des mutations sociales qui entraînent la lente dégradation du système hydraulique sophistiqué, élément vital et pierre angulaire du système khmer, qui avait permis de nourrir une population nombreuse.

En 1431, le coup de grâce est donné par la prise d'Angkor Thom par les Siamois qui place le Royaume Khmer dans un état de vassalité.

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 La domination siamoise et vietnamienne

A partir du XVe siècle, le Royaume Khmer vit une longue décadence politique sous domination siamoise.
A noter cependant, une brève période de prospérité, au XVIe siècle, au cours de laquelle les souverains, qui ont construit leur nouvelle capitale Lovek (à mi-chemin entre Phnom Penh et l’extrémité sud du Tonlé Sap), sur le Mékong, développent le commerce avec d'autres régions de l'Asie.

En fait, les discordes internes restent la règle et les différents prétendants au pouvoir n'hésitent pas à rechercher l'appui des puissances voisines et à susciter l’intervention d’armées étrangères.

Depuis le début du XVIe siècle, le Cambodge est devenu le vassal du royaume siamois d'Ayutthaya, mais à partir du XVIIe siècle, le Viêtnam commence à apparaître comme une puissance montante que les Khmers utilisent d'abord comme contrepoids pour réduire la domination siamoise.

Les khmers en profitent pour déplacer à nouveau leur capitale et l’établir à Oudong (à une quarantaine de kilomètres au nord de Phnom Penh), en 1618.

En 1623, le roi khmer chasse la garnison siamoise de Lovek et demande l'aide de son beau-père, le roi de Hué, au Vietnam actuel.
En échange de son appui qui aboutit à une victoire sur les Siamois, le roi de Hué obtient l'autorisation de fonder des établissements vietnamiens dans la région de l'actuelle Saïgon.

Peu à peu, les Vietnamiens, poursuivant leur progression historique du nord vers le sud vont remplacer les Khmers dans le delta du Mékong.
En 1731, le Cambodge doit abandonner les provinces de My Tho et Vinlong, et en 1757, celles de Sadec et de Chau Doc.

Entre 1834 et 1841, le Viêtnam met en place une politique d'annexion totale du Cambodge, avec imposition de la langue vietnamienne dans l'administration.

En 1845, une révolte éclate, qui se traduit par le massacre de Vietnamiens dans tout le pays.
Des émissaires khmers sollicitent une intervention siamoise qui est accueillie avec joie par le peuple khmer.

L'armée siamoise pénètre à Oudong.
Finalement, Siamois et Vietnamiens se mettent d'accord, établissant ainsi un condominium où chacun conserve ses provinces annexées.

C'est dans ce contexte que le roi khmer Ang Duong, convaincu du prochain partage définitif de son pays au profit de ses puissants voisins sollicite en 1853 l'intervention de la France sur les conseils de Mgr Miche, vicaire apostolique au Cambodge.
Napoléon III donne son accord mais les Siamois, mis au courant, font échouer le traité d'alliance en gestation.

Ang Duong met alors en œuvre, avec de très faibles moyens, une politique de modernisation et de reconstruction d'un pays dévasté.
Il reconstruit Oudong, rétablit assez de sécurité pour attirer des commerçants chinois et indiens.
Il encourage des bonzes à créer des écoles de Pagode et lutte contre l'esclavage.

A sa mort, en 1860, son fils devient roi sous le nom de Norodom.

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 Le protectorat français

En 1863, le roi Norodom signe un accord avec la France qui établit un protectorat sur le royaume et l’intègre progressivement dans son empire colonial.

La mainmise de la France sur le Cambodge s'inscrit dans le processus de colonisation des trois pays, Viêtnam, Laos et Cambodge qui formeront, pendant un peu moins d'un siècle, l'Indochine française.

Dès 1862, la France avait imposé un traité au Viêtnam qui lui cédait Saïgon, la Cochinchine orientale, ainsi que ses droits sur le Cambodge.
Le Siam ne peut alors faire autrement que de réaffirmer sa suzeraineté sur le Cambodge, et la France n'a dès lors aucune difficulté à obtenir du souverain du Cambodge qu'il demande officiellement la protection de la France.


En 1867, en échange de la reconnaissance par le Siam du protectorat français, la France s'engage à ne pas annexer le Cambodge à la Cochinchine et accepte de reconnaître la mainmise siamoise sur les provinces de Battambang et d'Angkor.

Entre le début du protectorat et la mort de Norodom (1904), la France laisse, en gros, Norodom diriger les affaires intérieures du pays en monarque absolu.
Norodom transfère sa capitale d'Oudong à Phnom Penh et a des velléités de modernisation, à l'instar de son prédécesseur Ang Duong.
Elles passent par:

  - la suppression d'un certain nombre de charges mandarinales qui consistaient surtout en privilèges sans contreparties en termes de services rendus.

  - traitement fixe pour les fonctionnaires, avec interdiction de se rétribuer directement sur le produit des impôts.

  - intention d'abolir l'esclavage.

Mais toutes ces réformes suscitent une vive opposition de la part de la cour cambodgienne, forçant le roi à temporiser.

En 1904, à la mort de Norodom, la succession revient à son frère, le prince Sisowath, favori des Français.
Partisan également de la modernisation, il favorise la politique mise en place par Doumer afin de concrétiser la réalisation de véritables infrastructures.

Les relations avec la puissance coloniale sont améliorées lorsque la France obtient du Siam en 1904 et 1907 la restitution des provinces occidentales.

En 1927, Sisowath meurt, et il est remplacé par son fils aîné Monivong.
Le souverain entretient des relations plutôt amicales avec les Français.

Les deux administrations, française et cambodgienne, continuent à se partager les pouvoirs.
Dans la première partie du XXe siècle, les Français construisent un certain nombre d'infrastructures (routes, voie ferrée Phnom Penh-Battambang, port de Phnom Penh, hôpitaux) mais le développement se fait dans le cadre de l'union indochinoise.
Dans la pratique, cela veut dire que les Cambodgiens sont très peu représentés dans les administrations centrales.

Au Cambodge même, malgré le développement très modeste du système d'enseignement, des cadres administratifs cambodgiens sont formés, mais les cadres techniques (conducteurs de travaux, artisans…) sont essentiellement vietnamiens, alors que les commerçants sont le plus souvent chinois.

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 La Seconde Guerre mondiale et l'indépendance

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, les Français n'envisagent pas de laisser accéder le Cambodge à l'indépendance dans un avenir proche.
Les mouvements indépendantistes restent modestes.
La lutte pour l'indépendance est incarnée par Son Ngoc Thanh.

Au cours du conflit mondial, les Japonais laissent le Gouvernement de Vichy administrer les différents pays de l'Indochine française tout en encourageant le nationalisme khmer.
C’est sous leur pression que la France doit cependant céder à la Thaïlande en mai 1941 les provinces de Battambang et de Siem Reap.

La même année, le roi Monivong décède, et la France doit gérer sa succession. Son choix se portera sur Norodom Sihanouk, un prince âgé de dix-neuf ans qui reste entouré de très près par ses conseillers français.
A l’issu d’un coup de force japonais en 1945, l’autorité française est ébranlée, et le roi Sihanouk en profite pour dénoncer le protectorat.

L’indépendantiste Son Ngoc Thanh, réfugié au Japon, rentre à Phnom Penh, devient ministre des affaires étrangères et pousse le gouvernement à se rapprocher du Japon.

Un mouvement nationaliste et anticolonialiste s'éveille, ce qui satisfait le Japon, mais le ton s’inverse rapidement et devient rapidement anti-japonais.
La confusion politique au sein du royaume est extrême jusqu’à la capitulation japonaise et même au-delà.

Après que Son Ngoc Thanh se soit auto-proclamé premier ministre, avec le soutien des nippons et dans une dangereuse dérive autocratique, Sihanouk finit par prendre contact avec les Français, les invitant à venir restaurer le protectorat !!!

Les troupes françaises et britanniques rentrent dans Phnom Penh et, le 15 octobre 1945, le général Leclerc entre à Phnom Penh et procède à l'arrestation de Son Ngoc Thanh.
Sihanouk, ayant tiré son épingle du jeu pendant ces événements, occupe désormais une place centrale sur l'échiquier politique cambodgien et parvient à neutraliser l'opposition de gauche.

Durant la guerre d'Indochine, le Cambodge, pourtant menacé par le Viet Minh et ses alliés Khmers issarak indépendantiste, est celui qui souffre le moins de la guérilla indépendantiste communiste.

C'est enfin le roi Sihanouk qui parvient à obtenir l'indépendance, en s'efforçant de négocier avec les Français dans des termes acceptables par toutes les parties.
Un accord partiel se dégage en octobre 1953.
Sihanouk proclame alors l'indépendance du royaume et effectue un retour triomphal à Phnom Penh après, lors des accords de Genève, s’être permis de refuser toute concession aux Khmers issarak, qui doivent de fait déposer les armes ou évacuer le Cambodge pour se réfugier au

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 Le Cambodge indépendant de Sihanouk (1953-1970)

Les accords de Genève prévoyaient des élections libres.
Pour pouvoir jouer un rôle politique de premier plan, Sihanouk décide d'abdiquer en faveur de son père Suramarit et de fonder sa propre formation politique, le Sangkum, qui obtient 83% des voix aux élections de 1955.

L’homme fort du pays mène alors, sur le plan extérieur, une politique étrangère de non-alignement et de neutralité et devra faire face à plusieurs complots liés d’une part à Son Ngoc Thanh, réfugié à Bangkok, et à la gauche cambodgienne.
A la mort de son père en 1960, il accepte de devenir chef de l'État.

Au cours de cette période qui conjugue l'indépendance avec la paix, le Cambodge connaît un développement rapide et une certaine prospérité.

Grâce à sa politique de neutralité, il bénéficie d'une aide internationale diversifiée (France, États-Unis, Chine, Union soviétique, etc…). ce qui permet au pays la construction de véritables infrastructures, rompant ainsi avec la dépendance traditionnelle vis-à-vis de Saïgon.
Sur le plan social, Sihanouk et son parti mettent en avant une politique de  "développement communautaire" dans les campagnes, développant massivement l'enseignement.

Mais malgré cette prospérité apparente, quelques nuages commencent à obscurcir le ciel cambodgien.
L'administration et l'industrie ne fournissent pas de débouchés suffisants aux nouvelles couches scolarisées qui ne profitent pas des retombées de l'aide étrangère au même titre que les classes dominantes souvent corrompues.

La neutralité, élément central de la politique étrangère cambodgienne dans les années 1950 et 1960 est mis à mal, à partir de 1965, par la reprise de la guerre civile au Viêtnam et l'implication américaine.
Les provinces orientales du Cambodge servent de base arrière pour les communistes de l'armée Nord-Vietnamienne et des forces du Viet Cong.
Le port de Sihanoukville est également utilisé pour le ravitaillement des communistes.

Le prince Sihanouk maintient la ligne officielle de neutralité, mais ne fait rien pour s'opposer à l'occupation d'une partie du territoire cambodgien par les vietnamiens.

En 1967, un Premier ministre de droite, Lon Nol, réprime durement un soulèvement paysan dans la région de Battambang.
Trois personnalités de la "Gauche légale", Khieu Samphan, Hou Yuon et Hu Nim, rejoignent alors, dans les forêts, une organisation communiste clandestine et deviendront les hauts dirigeants khmers rouges.

Les contradictions de Sihanouk deviennent de plus en plus visibles.
D’un côté, il reconnait le Viêt-Cong communiste comme "Représentant authentique du peuple sud-vietnamien" et d'un autre côté, il déclare que le communisme est l’ennemi principal du Cambodge, la lutte armée du parti communiste khmer (P.C.K.) prenant de l'ampleur,

A partir de 1969, les Américains interviennent directement dans les zones du Cambodge contrôlées par les communistes vietnamiens.
Sihanouk, qui a rétabli ses relations diplomatiques avec les États-Unis, ne proteste pas, comme il ne proteste pas non plus contre l'entrée en octobre 1969 de 40000 soldats Nord-Vietnamiens.

La légitimité du roi est de plus en plus contestée au sein même de son parti, dont les factions de droite ont progressivement pris le contrôle.
Cette tendance politique profite alors de l’absence du prince (en cure médicale en France) pour provoquer d’abord de vastes manifestations antivietnamiennes, puis pour renverser Norodom Sihanouk le 18 mars 1970.

Arrive alors au pouvoir une équipe de droite emmenée par le général Lon Nol et le prince Sirik Matak.

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 Lon Nol et la République Khmère (1970-1975)

En mars 1970, la nouvelle équipe au pouvoir proclame l'abolition de la monarchie et le pays est rebaptisé "République Khmère".

Sihanouk avait pu maintenir tant bien que mal son pays à l'écart du conflit vietnamien.
Engagé maintenant dans l'un des deux camps, le Cambodge bascule très brutalement dans la guerre.

L'armée de Lon Nol doit faire face à la fois aux nord-vietnamiens (qui tentent de prendre en étau les sud vietnamien en occupant de plus en plus les provinces frontalières cambodgiennes) et à la guérilla khmère qui a reçu l'appui de 4 000 combattants communistes repliés sur Hanoï depuis 1954.

De plus, les États-Unis lancent une offensive de grande ampleur dans cette même zone frontalière qui sert de base aux communistes nord-vietnamiens.
On estime, à ce moment-là, que le Cambodge est le pays le plus bombardé de l'histoire.
Cela va très certainement contribué à recruter des combattants Khmers rouges.

Avec l'aide des Nord Vietnamiens, la guérilla des Khmers rouges prend de l'ampleur.
Pol Pot et Ieng Sary prennent en main les nouvelles recrues venues de Hanoï et les intègrent dans les forces de l'Armée révolutionnaire du Kampuchéa, dirigée en sous-main par le Parti communiste cambodgien.

Mais les Khmers rouges qui, en plus de l'aide des Nord-Vietnamiens, reçoivent également de l'aide chinoise, parviennent à conserver leur indépendance.
En 1970, le mouvement ne comptait que 4 000 guérilleros.
En 1973, il contrôle 60% de la superficie du pays et 25% de la population.

Pendant les cinq ans que va durer la République Khmère, on estime entre 600 000 et 700 000 le nombre de victimes des multiples sources de violence liées à la guerre : bombardements américains, affrontements entre armées régulières, actions de la guérilla et pogroms anti-vietnamiens (environ 100 000 d'entre elles sont massacrées avec la complicité plus ou moins active de l'armée).

Sihanouk, quant à lui, avait décidé dès avril 1970, de s'allier aux communistes, ses adversaires d'hier.
Il s'installe à Pékin et créé avec les communistes le Front uni national du Kampuchea (FUNK).
Très présent sur la scène internationale, le Prince n'a pourtant jamais pesé d'aucun poids au sein de la guérilla cambodgienne.

Assez vite, l'armée de Lon Nol ne contrôle plus que Phnom-Penh et quelques autres villes, tant la pression khmer rouge est présente.

Le 1er janvier 1975, l'armée des Khmers rouges lance l'offensive finale.
En 117 jours, ils vont se rendre maîtres du pays alors que le régime de Saïgon est en train de s'effondrer à la suite de l'offensive nord-vietnamienne de mars 1975.


Le 1er avril, Lon Nol s’enfuit à l’étranger.

Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh.
Et la terreur s’installe……

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 Les Khmers rouges (1975-1979)

Immédiatement après la victoire, les khmers rouges ordonnent l'évacuation de toutes les villes.

Les habitants de ces villes étant "invités" à travailler parmi les paysans, à la campagne.
Cet exode forcé fait des centaines de milliers de nouvelles victimes.
Tout ce qui pouvait évoquer la civilisation urbaine (industrie, hôpitaux, écoles, administrations) est anéanti.

A la campagne, le régime et "son organisation suprême", l'Angkar (nom sous lequel se cache le PCK) distingue "l’ancien peuple" (c'est-à-dire les paysans dont certains ont participé aux combats aux côtés des communistes depuis 1970), et le "nouveau peuple" (c'est-à-dire, en gros la population urbaine sur lesquels les cadres ont droit de vie ou de mort).
Ce sera la mort pour beaucoup d'entre eux.

Les survivants doivent participer à l'élaboration d'un homme nouveau, sous l'autorité de l'Angkar.
La monnaie est abolie, ainsi que toute propriété privée.
Les familles sont disloquées.
D'immenses travaux sont entrepris.
A l'épuisement au travail, la malnutrition et les maladies viennent s'ajouter les exécutions sommaires et vont provoquer la mort d’environ deux millions d’individus en l'espace de trois ans.

Le nom officiel du nouvel état devient le Kampuchéa Démocratique.

Khieu Samphan est officiellement chef de l'état, mais l'Angkar est dirigée, au moins depuis avril 1977, par Saloth Sâr, secrétaire général du P.C.K., plus connu sous le nom de Pol Pot.

En fait, il y a de multiples factions au sein de cette organisation et tous les cadres n'approuvent pas la politique anti-vietnamienne qui prend la forme d'une véritable guerre à partir de septembre 1977.

Le 25 décembre 1978, l’armée vietnamienne passe à l’offensive et met en déroute en quelques jours l’armée des Khmers rouges.

Au cours du mois de janvier 1979, les vietnamiens prennent le contrôle d'une grande partie du pays.

Le 11 janvier, à Phnom Penh, un Comité populaire révolutionnaire, contrôlé par la fraction provietnamienne du P.C.K et présidé par Heng Samrin, prend le pouvoir et proclame la république populaire du Cambodge.

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 Le Cambodge moderne (1979 à nos jours)

L'armée vietnamienne reste au Cambodge pendant une dizaine d'années, le temps d’assoir le pouvoir de la République populaire du Cambodge, dirigée par Heng Samrin.

Le parti du Roi Sihanouk, le FUNCINPEC, l'ancien parti du Sangkum et les Khmers Rouges forment en 1982 une coalition.
Cette dernière, le CGDK, est mise en place pour "libérer le pays de l'occupation vietnamienne".
Le CGDK était considéré par les puissances majeures de l'Ouest (à l'exception de France) comme le seul vrai représentant du Cambodge et c'est un des dirigeants Khmers Rouges qui aura un siège à l'ONU jusqu'en 1991 !!!

En 1989 les forces vietnamiennes se retirent du Cambodge.

Hun Sen, nouvel homme fort du pays, fait procéder à une légère modification de la constitution et le pays change à nouveau d’appellation pour se baptiser : État du Cambodge.

En 1991 les différentes factions cambodgiennes forment le Conseil National Suprême (CNS) composé de 11 membres et élisent à l'unanimité Norodom Sihanouk comme Président.

En mai 1993, se tiennent les élections pour élire l'assemblée législative.
Le FUNCINPEC (parti du roi) arrive premier suivi du PPC de Hun Sen.

L'assemblée travaille à la rédaction de la nouvelle constitution, qui est promulguée le 24 septembre 1993.

Norodom Sihanouk redevient officiellement le roi du Cambodge et le pays prend le nom de Royaume du Cambodge.
Deux vice-premier ministres sont alors nommés Norodom Ranariddh et Hun Sen.

Seuls les khmers rouges s'opposent à ces élections et continuent la guérilla contre les forces de l'armée du Royaume du Cambodge jusqu'en 1998.
Ieng Sary et 4000 hommes rendent les armes en 1996 (la moitié des troupes des khmers rouges).

Le 5 juillet 1997, Hun Sen destitue par la force le vice-premier ministre Rannariddh en accusant de trafic d'armes.
Ce dernier s'apprêtait à faire une alliance politique avec Sam Rainsy et les Khmers rouges.

En 1998, Pol Pot meurt, et les dirigeants Ke Pauk, Nuon Chea et Khieu Samphan se rendent aux autorités cambodgiennes.

La capture du dernier grand chef khmer rouge, Ta Mok, laisse le mouvement sans dirigeant et marque la fin du combat contre les khmers rouges.

En 2004 le roi Norodom Sihanouk abdique en raison de son âge et laisse le trône à son fils Norodom Sihamoni.

Le Cambodge pacifié peut enfin progressivement s'ouvrir au tourisme, développer ses infrastructures, ses routes, les aéroports, les ports...

Les élections législatives de 2008 ont été largement remportées par le Parti du Peuple Cambodgien.
En conséquence, le Premier ministre cambodgien reste Hun Sen.


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